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ET SI ON ESSAYAIT L'HUMAIN?

Date : 2022

La globalisation ou mondialisation, un concept qu’a su nous imposer le capitalisme contemporain en s’appuyant sur des agrégats économiques tels que les produits intérieurs bruts (PIB) national et mondial. La moindre crise mondiale nous pousse à nous intéresser à  « la croissance mondiale » et aux différents statistiques économiques qui « régissent » l’humanité. La vraie question étant de savoir où se trouve l’homme dans tous ces « savants » calculs. A-t-on seulement pensé à créer un indice quantifiable du bonheur individuel chez l’Homme? Est-ce que ces agrégats économiques, outils de décision en politique prennent en compte le vécu, l’histoire des êtres humains, leur espérance, leurs émotions ?

Questions qui sont présentes dans nos travaux respectifs et qui renvoient à notre volonté de raconter des histoires à échelle humaine. Des histoires qui font écho à notre propre histoire et qui peuvent susciter de l’empathie.

C’est le cas du projet « Et si on essayait l’humain ? » inspiré de l’histoire d’un inconnu aux yeux de la mondialisation, mais pourtant une source d’inspiration, de résilience. Cette histoire est un alibi pour évoquer la douleur qui existe dans la solitude, mais aussi sa part de poésie. C’est un alibi pour interroger notre « Produit Intérieur du Bonheur » et les œillères qu’il nous fait porter.

 

L’aventure de notre collaboration naît en décembre 2019 lors de la venue d’Yvon NGASSAM à Bamako en prélude à la biennale de la photographie africaine de Bamako au Mali. Nous-nous sommes installés à la résidence de l’oncle de Kani SISSOKO, tonton BALAR, dans les hauteurs de Bamako. Un endroit hors du temps qui nous a fascinés. Notre envie de travailler dans cet espace était forte, mais nous ignorons quel thème y aborder. Alors nous avons eu l’idée de nous débarrasser de ce qu’on pourrait appeler notre « bagage intellectuel » et de nous concentrer sur ce que nous ressentons car il se dégageait de cet espace une « énergie » indescriptible. Quelque chose d’irrationnelle et qui nous était totalement étrangère. Une sensation qui nous tenait par les tripes à chaque fois que nous étions dans ce lieu. Alors nous avons eu l’idée d’expérimenter notre être métaphysique, spirituel.

On a d’un commun accord décidé de nous concentrer sur cette énergie et de nous laisser guider par elle. Au fil de nos méditations et de nos rares échanges avec tonton Balar, nous-nous sommes rendu compte que l’énergie que nous ressentions si fort était la sienne. Par déduction, se laisser guider par cette énergie revenait juste à raconter tonton BALAR : sa solitude, ses passions, ses peurs, ses joies, sa nostalgie, son empathie, sa résilience. Des émotions qui nous caractérisent tous et qu’il porte avec une certaine poésie drapée de tristesse.

« Et si on essayait l’humain ? » est une occasion de jauger notre capacité à ressentir, d’expérimenter notre empathie. Un trait de l’espèce humaine que nous croyons dur comme fer être à la source de son humanité. Qualité que nous perdons de plus en plus sous l’emprise de cette course effrénée vers des richesses quantifiables par ces fameux agrégats économiques.

À tonton BALAR

Kani SISSOKO & Yvon NGASSAM

#etsionessayaitlhumain.

 

 

Interview des artistes: https://youtu.be/kxHdeVAZbmk?si=pbsbZoEDiWIhwTl4

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